Grand Prix du Canada 2026 : les analyses de Pirelli avant la course

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Le Grand Prix du Canada 2026 marquera une première pour le Circuit Gilles-Villeneuve avec l'introduction du format Sprint sur le tracé montréalais. Pour cette manche disputée plus tôt dans la saison qu'à l'accoutumée, Pirelli reconduit le trio le plus tendre de sa gamme : le C3 en tant que gomme dure, le C4 comme pneu médium et le C5 en tendre. Un choix cohérent avec les caractéristiques très particulières du circuit canadien, où la mise en température prime souvent davantage que la gestion pure de l'usure.

Resurfacé en 2024, l'asphalte du tracé situé sur l'Île Notre-Dame reste particulièrement lisse et peu abrasif. Le circuit n'étant utilisé qu'une seule fois dans l'année, le niveau d'adhérence évolue rapidement au fil du week-end, mais aussi au sein d'une même séance. L'an passé, le phénomène de graining avait fortement perturbé les relais, y compris en course. Avec les enveloppes 2026, plus homogènes et plus stables thermiquement, le manufacturier italien estime toutefois que cette tendance pourrait être nettement réduite, voire disparaître dès la fin de journée du vendredi à mesure que la piste se gomme.

Long de 4,361 kilomètres, le Circuit Gilles-Villeneuve demeure l'un des tracés les plus atypiques du calendrier. Ses longues phases d'accélération et ses freinages appuyés imposent une monoplace stable au freinage et efficace en traction. Le caractère très "stop-and-go" du tour sollicite fortement les pneumatiques arrière à la remise des gaz, tout en exposant les trains avant lors des gros freinages. Malgré son profil de semi-urbain, les opportunités de dépassement restent nombreuses, notamment à l'approche de la dernière chicane et du célèbre Mur des Champions.

La météo pourrait une nouvelle fois redistribuer les cartes. Montréal reste régulièrement exposé à des averses soudaines, mais le déplacement du Grand Prix plus tôt dans l'année pourrait également entraîner des températures plus fraîches que celles habituellement observées au mois de juin avancé. Dans ces conditions, la capacité à amener rapidement les gommes dans leur fenêtre de fonctionnement optimale pourrait devenir un facteur déterminant, particulièrement sur un week-end Sprint où le temps d'adaptation est réduit.

Dans cette configuration, le C5 apparaît comme le pneumatique le plus performant sur un tour lancé grâce à sa montée en température rapide et à son niveau d'adhérence immédiat. Il pourrait naturellement s'imposer pour la Qualification Sprint ainsi que pour certaines phases des qualifications classiques. En revanche, pour la course principale, les équipes devraient privilégier une approche plus prudente avec les deux composés les plus durs de la sélection. Comme observé à Miami, la tendance actuelle pousse les écuries vers des stratégies conservatrices, avec un arrêt unique comme scénario de référence si la dégradation reste contenue.

Lors de l'édition 2025, la stratégie à deux arrêts s'était révélée théoriquement plus rapide, même si plusieurs pilotes du fond de grille avaient tenté un seul passage par les stands. Les équipes s'étaient réparties quasiment à parts égales entre les gommes dures et médiums au départ. Le C3 avait finalement offert les meilleures performances sur la durée, tandis que le C4 avait davantage souffert de températures plus élevées qu'en début de week-end. Une neutralisation tardive avait également poussé plusieurs pilotes à chausser les tendres pour un ultime relais très agressif jusqu'au drapeau à damier.

Cette édition 2026 sera la 55e de l'histoire du Grand Prix du Canada et la 45e disputée sur le Circuit Gilles-Villeneuve. Avant l'arrivée du championnat sur l'Île Notre-Dame, l'épreuve avait également été organisée à Mont-Tremblant ainsi qu'à Mosport Park. Lewis Hamilton et Michael Schumacher y détiennent toujours le record de victoires avec sept succès chacun, tout comme celui des pole positions avec six réalisations. Chez les constructeurs, McLaren reste l'écurie la plus victorieuse avec treize succès devant Ferrari et ses douze triomphes. Montréal conserve également le record du Grand Prix le plus long de l'histoire de la Formule 1 : l'édition 2011 remportée par Jenson Button après 4 heures, 4 minutes et 39 secondes de course interrompue par des pluies diluviennes.
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